L’histoire d’Angèle Mérici et des Ursulines de l’Union Romaine

Angèle Mérici est née vers 1474 à Desenzano, en Lombardie. Très jeune, elle devient orpheline et part vivre chez son oncle à Salo. Vers 1492, elle choisit de suivre la voie spirituelle en devenant tertiaire franciscaine. Quelques années plus tard, elle retourne à Desenzano, menant une vie simple, faite de travail et de prière.

En 1516, Angèle s’installe à Brescia pour apporter du réconfort à ceux qui souffrent. Elle y reste et poursuit sa mission. Elle effectue ensuite deux grands pèlerinages : en Terre Sainte en 1524, puis à Rome en 1525 pour le Jubilé.

En 1530, alors que Brescia est menacée, elle se réfugie à Crémone, où elle tombe malade. De retour à Brescia, elle s’installe près de l’église Saint Affre.

Le 25 novembre 1535, Angèle fonde la Compagnie de Sainte Ursule avec 28 femmes engagées à vivre selon l’Évangile. En 1536, la règle de la Compagnie est approuvée par l’évêque de Brescia. L’année suivante, Angèle est élue Mère principale.

Angèle meurt le 27 janvier 1540. Deux ans plus tard, le pape Paul III approuve officiellement la Compagnie. En 1544, Charles Borromée fonde une Compagnie à Milan, et la règle est diffusée jusqu’en Provence.

En 1612, les premières communautés monastiques de l’ordre des Ursulines sont créées, avec des pensionnats et des classes gratuites. L’ordre s’étend rapidement : en Belgique dès 1614, puis au Canada en 1639 avec Marie de l’Incarnation.

Angèle est béatifiée en 1768, puis canonisée en 1807. Malgré les persécutions et les fermetures de monastères en France en 1793, l’esprit de l’ordre survit.

En 1900, la communauté de Blois donne naissance à l’Union Romaine de l’Ordre de Sainte Ursule. Malgré les expulsions et les difficultés du début du XXe siècle, les Ursulines poursuivent leur mission éducative et spirituelle.

Le mouvement continue à se développer : retour du noviciat en France en 1920, béatification de Marie de l’Incarnation en 1980, fondation du Centre Angèle Mérici en 1997, et plusieurs congrès internationaux dans les années 2000.

En 2007, une Mère Générale chinoise est élue, et en 2009, la province France-Belgique-Espagne est officiellement fondée.

 

Quand les Ursulines deviennent normandes…

L’histoire des Ursulines en Normandie commence en 1624. Une jeune Caennaise, Jourdaine du Bernières, ouvre la première école pour petites filles rue Guilbert, avec l’aide de trois Ursulines venues de Paris et d’Abbeville. Rapidement, un grand monastère est construit près de l’église Saint Jean.

En 1792, la Révolution entraîne la fermeture du monastère et la dispersion des religieuses. Malgré tout, elles continuent discrètement à instruire les enfants. En 1806, Napoléon autorise la réouverture des écoles : 25 Ursulines reprennent la vie commune et l’enseignement.

Au XIXe siècle, la communauté se développe, mais en 1904, les lois anticléricales provoquent une nouvelle confiscation. Certaines religieuses partent en exil en Belgique. Après la guerre, en 1919, elles reviennent à May-sur-Orne pour servir la paroisse.

En 1922, une nouvelle étape commence : les Ursulines de l’Union Romaine s’installent à Caen pour diriger l’Institution Saint-Pierre. En 1932, elles acquièrent une propriété rue de Bayeux où elles installent leur communauté et un pensionnat. Pendant la guerre, après les bombardements de 1944, elles reconstruisent Saint-Pierre dans des conditions difficiles.

Les années suivantes voient la création et l’agrandissement d’écoles et lycées : Sainte-Bernadette, Sainte-Ursule, puis le lycée Jeanne d’Arc. En 1998, un nouveau lycée est construit rue Claude Chappe.

Peu à peu, la direction des établissements passe à des laïcs, mais l’esprit des Ursulines reste vivant : éducation, accueil et accompagnement.

En 2018, la communauté réfléchit à son avenir, avec trois orientations :

  • La première orientation touche ce que nous entendons du Pape François répercutant l’appel de notre monde : rejoindre les personnes en marge de notre société, d’une façon ou d’une autre, dans les «périphéries géographiques et existentielles», les rejoindre dans notre vie professionnelle, dans nos divers apostolats aussi bien que dans nos engagements associatifs et avec les communautés d’église, dans notre prière aussi.
  • La deuxième orientation nous conduit à nous donner, les moyens de pérenniser, sans y être présentes, les œuvres apostoliques, tout ce qui, au fil de l’histoire depuis 1535, nous a conduites à accompagner la croissance humaine, morale, spirituelle, sociale de toute personne, enfant, jeune, adulte.
  • La troisième orientation est d’alléger les structures de gouvernances et les modes de vie de nos communautés pour leur redonner du souffle. Il est clair que là encore, l’appel du Pape François (cf : Laudato Si) nous inspire et nous conduit à prendre les décisions voulues.

A l’été 2020, la communauté de sœurs nous quitte.